Un autre regard sur l’image de la ‘femme fatale’ dans les films de la Nouvelle Vague.

Un autre regard sur l’image de la ‘femme fatale’ dans les films de la Nouvelle Vague.

January 21, 2019 French 0

 ‘La femme fatale’ est un concept utilisé par les réalisateurs des années 1950-1960 par rapport au comportement des personnages féminins. Leurs présentations sont caractérisées par certains traits : la beauté extérieure, le mystère, l’imprévisibilité et le charisme. La figure séduisante de la femme fatale joue toujours le plus grand rôle dans la vie de l’homme protagoniste et, généralement, c’est elle qui causera sa fin inévitable ou même son décès. Cependant, je voudrais démontrer que souvent on ne peut pas seulement désigner du doigt la femme fatale pour l’accuser d’être la responsable du destin tragique de son amoureux, en essayant de comprendre la situation de son point de vue.

La femme fatale la plus renommée dans l’histoire du cinéma français est, bien sûr, le personnage de Jeanne Moreau – Catherine – dans le film Jules et Jimréalisé par François Truffaut en 1962. Les critiques soulignent traditionnellement que ce fut le comportement cruel de Catherine qui a provoqué la plupart de la tragédie. Néanmoins, je crois que Catherine elle-même est tombée en dépression à cause de Jules. Elle ne parvient pas à répondre à ses attentes de l’idéal féminin traditionnel, souvent perçue comme une femme au foyer et une mère de famille. L’enjeu du conflit provient des aspirations de Jules qui ne furent pas aux gouts de Catherine, et qu’également cette maison à l’écart de toute civilisation soit parfaite pour la protagoniste. La personnalité de Catherine a été effacée par Jules, alors que son seul but consistait d’échapper sa réalité déprimante et banale, en culmination avec l’émancipation, un vrai sentiment de liberté. Si on considère cette ‘femme fatale’ avec ce regard plutôt rafraîchissant, on découvre que dans le film de Jules et Jimil y a un revers de la médaille qui reste inobservé par les spectateurs.

Une autre œuvre célèbre où l’on peut voir des tentatives de représentations de la femme fatale, de la part du réalisateur, se nomme « A bout de souffle », tourné par le contemporain de Truffaut, Jean-Luc Godard, en 1960. Là, le rôle principal de Patricia a été interprété par Jean Seberg, à qui l’accent américain iconique en a fait une actrice convoitée. Généralement, les critiques lui ont reprochés la mort de Michel, son amant. Cependant, il me semble que le sort de Michel a été décidé au moment où il a choisi sa carrière criminelle. Il aurait dû réaliser tous les risques qu’il prenait, que la prison lui viendrait inéluctablement, même possiblement conséquent dans le mort. En réalité, c’était son choix qui a prédit sa fin, pas la décision de Patricia de se rendre à la police, en essayant ainsi d’éviter l’influence destructif de Michel sur sa vie.

3http://www.bonjourthttp://www.bonjourtristesse.net/2011/09/breathless-1960.html

Alors, en analysant les points manifestés, je suis arrivée à la conclusion que la nature destructive de la femme fatale est exagérée par le cinéma. Dans plusieurs films de la Nouvelle Vague, les souffrances du protagoniste masculin sont mises à l’avant-scène, et grâce à cela on oublie souvent les sentiments de la femme. Dès le début d’un film de la Nouvelle Vague, le réalisateur créé une définition fixe de son héroïne comme une ‘femme fatale’, on ne voit que sa part de culpabilité dans la chute tragique de son amant, alors que ses propres motivations restent inexplorées.

Alisa Stepanova